« La Beira Baixa n’est pas à vendre ! » Les habitants saluent le veto à un projet photovoltaïque

Les communautés locales de la Beira Baixa se réjouissent après le nouveau rejet, par l’Agence portugaise de l’environnement (APA), du projet de centrale photovoltaïque de Castelo Branco. Une décision accueillie comme une victoire importante par les mouvements citoyens mobilisés contre ce projet — tout en restant vigilants face à un projet encore plus vaste.

Sur les réseaux sociaux, la Plateforme pour la défense du parc naturel international du Tejo souligne qu’il s’agit d’« une étape importante, mais pas de la fin ». La véritable bataille concerne désormais le méga-projet photovoltaïque Sophia, qui s’étend sur trois municipalités et que les habitants décrivent comme une « couverture noire étouffante de panneaux solaires » menaçant le paysage.

La plateforme reconnaît que le projet Sophia implique « des intérêts puissants qui ne renonceront pas facilement ». Elle appelle donc à rester « attentifs, actifs, visibles et unis », affirmant que « l’avenir de la Beira Baixa se construit par la participation et la persévérance. La Beira Baixa n’est pas à vendre ».

Ce rejet reflète une évolution plus large dans le débat national. Plus tôt cette année, la ministre de l’Environnement, Maria da Graça Carvalho, avait admis que des projets ne pouvaient être imposés contre la volonté unanime des populations — une pratique pourtant encore observée, notamment dans le secteur minier du nord du pays. Cette décision marque ainsi une ligne symbolique importante.

La plateforme avertit toutefois que le promoteur du projet de Castelo Branco pourrait tenter une troisième soumission, rappelant que « l’anticipation et la vigilance restent essentielles ».

Au-delà de l’opposition aux méga-centrales photovoltaïques, le mouvement affirme défendre « le paysage et le territoire de la Beira Baixa au nom d’un avenir juste et durable », une démarche qui s’inscrit dans une mobilisation de plus en plus visible à l’échelle européenne.

En pratique, le projet rejeté à Castelo Branco prévoyait l’occupation de 500 hectares dans les municipalités d’Idanha-a-Nova et de Castelo Branco, avec l’installation de plus de 400 000 panneaux solaires et 22 kilomètres de lignes à très haute tension, dans des zones protégées et classées. À titre de comparaison, le projet Sophia vise à couvrir environ 2 000 hectares.

Si le veto de l’APA constitue un motif de satisfaction, la plateforme rappelle que cette victoire « n’a été possible que grâce à l’engagement collectif de nombreuses personnes, de la Beira Baixa et d’ailleurs », soulignant que « l’effort collectif fait toute la différence ».

Le projet Sophia, qui concerne les municipalités de Fundão, Penamacor et Idanha-a-Nova, est toujours en cours d’évaluation environnementale et attend la décision de l’APA. Il a récemment suscité des manifestations à Covilhã, Fundão et Castelo Branco, notamment lors de réunions publiques avec le candidat à la présidence Luís Marques Mendes, dont le fils serait lié à l’entreprise porteuse du projet.

Sources : SIC Notícias / Plateforme pour la défense du parc naturel international du Tejo

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