La Protection Civile Portugaise prévoit plusieurs renforcements stratégiques de son dispositif de lutte contre les incendies pour 2026, après une année 2025 largement jugée décevante sur le front des feux de forêt.
L’objectif principal sera d’améliorer les capacités d’analyse, d’anticipation et d’intervention, notamment grâce au déploiement d’un plus grand nombre d’avions équipés de retardant, a indiqué à Lusa le commandant national de la Protection Civile, Mário Silvestre.
« Pour 2026, nous avons essayé d’intégrer les leçons tirées de 2025 et de 2024 afin de renforcer notre capacité d’analyse et d’anticipation », a-t-il expliqué, précisant que de nouvelles mesures avaient également été mises en place pour accroître l’efficacité des interventions, notamment dans les premières phases des incendies.
Parmi les priorités figure l’utilisation accrue de retardant, une substance chimique destinée à ralentir ou empêcher la propagation des flammes. En 2025, ce produit n’était utilisé que dans un seul centre de moyens aériens. « En 2026, quatre centres supplémentaires disposeront de retardant », a annoncé Mário Silvestre, soulignant que l’objectif est désormais d’équiper cinq centres afin d’améliorer encore le taux de réussite des interventions initiales.
Le responsable rappelle que les incendies sont aujourd’hui « plus intenses et se propagent plus rapidement » qu’auparavant, rendant indispensable le renforcement des moyens de lutte. La Protection Civile prévoit également une réorganisation des équipes d’intervention prolongée des sapeurs-pompiers, qui seront renforcées afin d’améliorer leur capacité de gestion et leur endurance sur le terrain.
Selon Mário Silvestre, plusieurs ajustements seront aussi apportés à l’Unité spéciale de lutte contre les feux ruraux pour 2026, notamment afin d’améliorer la coordination, le commandement et la gestion des opérations.
Des équipes spécialisées seront par ailleurs déployées dans chaque sous-région du pays afin d’analyser les grands incendies. Ces unités d’évaluation transmettront des informations en temps réel aux commandants opérationnels sur les risques et l’évolution des feux, avec l’objectif d’améliorer l’anticipation, la communication et la coordination des secours.
Le commandant a également indiqué que des formations opérationnelles étaient en cours pour accélérer les processus de communication et harmoniser les méthodes d’intervention entre les différents services.
Interrogé sur les critiques récurrentes concernant le manque de coordination lors des grands incendies – particulièrement vives en 2025 –, Mário Silvestre a reconnu que certains dysfonctionnements pouvaient encore survenir ponctuellement, tout en assurant qu’ils étaient rapidement corrigés.
Il a rappelé que les grands feux constituaient des environnements extrêmement complexes, soumis à une forte pression opérationnelle, où certains messages pouvaient occasionnellement ne pas être transmis, tout en affirmant que le système restait « coordonné » et capable de répondre « de manière unifiée ».




