Alors que les hôpitaux peinent déjà à faire face aux pressions habituelles de l’hiver, la grippe revient au centre de l’actualité, accompagnée d’un chiffre frappant : 80 % des personnes admises en soins intensifs ne sont pas vaccinées.
Cette affirmation est généralement reprise sans davantage de contexte. Les patients concernés souffrent-ils déjà de maladies chroniques ? Sont-ils âgés, fragiles, ou en situation d’obésité sévère ? Peu d’éléments sont fournis. Le message reste le même : ils sont « non vaccinés », et la vaccination serait essentielle pour éviter, dans de nombreux cas, une hospitalisation.
Ces alertes proviennent essentiellement de professionnels du Service national de santé (SNS), déjà sous forte pression — une situation qui se répète chaque hiver.
Cette année, les médias se concentrent particulièrement sur les temps d’attente aux urgences : 10, 12 ou parfois 15 heures avant de voir un médecin. Ces chiffres concernent surtout les grands centres urbains. Ailleurs, la situation peut être légèrement meilleure, tout dépendant de la disponibilité des médecins, encore réduite pendant les fêtes de fin d’année.
Les bulletins du jour indiquent que les services d’urgence dépassent les délais recommandés en raison de l’augmentation des cas de grippe, alors même que l’épidémie « n’a pas encore atteint son pic ».
Dans certaines zones urbaines, des plans de contingence ont déjà été activés. Mais pour Carlos Robalo Cordeiro, directeur du service de pneumologie de l’ULS de Coimbra, le problème principal n’est pas tant la grippe elle-même que le manque de ressources humaines.
« Nous sommes toujours préparés », a-t-il déclaré à SIC. « Mais les ressources sont limitées, et c’est là le cœur du problème. Sans davantage de personnel dans les hôpitaux, la situation restera difficile, quels que soient les plans mis en place. »
C’est dans ce contexte que les appels à la vaccination contre la grippe se multiplient. Le vaccin de cette année n’est pas parfaitement adapté aux souches dominantes, mais il permet de réduire la gravité des symptômes.
Grippe ou Covid-19 : quelle est la principale inquiétude ?
Selon le virologue Pedro Simas, interrogé par SIC, c’est clairement la grippe qui préoccupe le plus le SNS. Le Covid-19 est désormais devenu un coronavirus endémique, « comme prévu », provoquant des symptômes comparables à ceux d’un rhume.
Il est aujourd’hui « plus souhaitable » d’être vacciné contre la grippe que contre le Covid-19, souligne-t-il. Plus de deux millions de personnes au Portugal ont déjà reçu le vaccin antigrippal cette saison. Idéalement, toutes les personnes de plus de 65 ans devraient se faire vacciner chaque année.
Connu pour son discours mesuré pendant la pandémie, Pedro Simas reste rassurant : la situation liée à la grippe va encore s’aggraver avant de s’améliorer, « mais elle ne sera ni alarmante ni catastrophique ».
Néanmoins, l’ensemble des professionnels de santé interrogés par SIC — tous issus d’un SNS en surcharge — ont renouvelé leur appel à la vaccination.
Carlos Robalo Cordeiro a rappelé que « la semaine dernière, 80 % des patients en soins intensifs n’étaient pas vaccinés ».
Source : SIC Notícias
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