
Le collectif CARE dénonce une opération industrielle déguisée et un risque majeur pour la sécurité publique
Une évaluation officielle récente a soulevé de sérieuses inquiétudes quant au projet de parc éolien de Cachopo, intégré dans le programme plus vaste Madoqua Power2X. En ligne de mire : les risques pour la sécurité publique, l’infrastructure électrique régionale, et l’impact environnemental sur la Serra do Caldeirão, dans l’est de l’Algarve.
Le collectif CARE (Cidadãos pelo Algarve Resiliente e Equilibrado) avait déjà tiré la sonnette d’alarme en mai dernier à travers un communiqué cinglant, dénonçant un projet présenté sous des atours écologiques, mais en réalité imposé de manière verticale, sans véritable concertation locale.
« Ce que l’on nous propose ici, c’est une opération industrielle maquillée, qui menace l’autonomie locale et l’avenir du Portugal rural », pouvait-on lire dans ce texte percutant, face auquel le consortium Madoqua est resté silencieux.
Le point central de cette opposition réside dans la proximité du projet avec le radar météo de Loulé / Cavalos do Caldeirão — le seul radar de surveillance météorologique de l’Algarve, utilisé pour détecter les tempêtes, incendies, inondations, mais aussi pour sécuriser le trafic aérien.
« Ce radar fournit des données vitales en temps réel, sans système de secours. Son dysfonctionnement compromettrait gravement la capacité de l’IPMA (Institut portugais de la mer et de l’atmosphère) à alerter la population », explique CARE.
Les éoliennes placées dans le champ de vision du radar peuvent provoquer des interférences, générant des échos parasites et des angles morts. Un phénomène bien connu en Europe, documenté scientifiquement, mais ignoré dans le dossier actuel, ce qui a conduit l’IPMA à émettre un avis défavorable.
À cela s’ajoutent les critiques de l’Agence portugaise de l’environnement (APA), préoccupée par le raccordement du projet au réseau électrique. La région concernée fonctionne sur des lignes 60 kV et 150 kV, déjà proches de la saturation. Contrairement à Sines, équipée pour des projets de grande ampleur, la Serra do Caldeirão ne dispose pas de sous-stations adaptées.
D’après les cartes publiées par REN (Rede Eléctrica Nacional), il n’existe aucune capacité disponible dans les sous-stations environnantes. L’APA conclut donc que le projet est irréalisable en l’état.
La situation pourrait entraîner des coupures de courant et une instabilité du réseau, à l’image de la panne ibérique d’avril 2025.
Autre alerte : la concentration croissante de projets éoliens dans cette zone de l’Algarve. Pour les experts environnementaux, la prolifération non coordonnée de turbines risque de former un “anneau de la mort” dans le ciel portugais, perturbant l’un des plus grands corridors migratoires d’Europe.
Les conséquences pourraient être dramatiques pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, et compromettre des décennies d’efforts de conservation sur la péninsule ibérique.
Pour CARE, il ne s’agit pas de rejeter les énergies renouvelables, mais de revendiquer une planification responsable et transparente.
« Avant tout nouveau projet d’énergie renouvelable dans la Serra do Caldeirão, il faut des études solides sur l’impact radar, la biodiversité et la capacité réelle du réseau, validées par des accords formels avec REN », affirme le collectif.
« Les communautés locales, les autorités aéronautiques et les services de protection civile dépendent tous de données radar fiables et d’un réseau électrique stable. La transition énergétique ne doit pas sacrifier ni la sécurité des citoyens, ni l’équilibre écologique. »
L’avis défavorable rendu récemment ne signifie pas nécessairement l’abandon du projet. Il marque une étape cruciale, que CARE espère voir attirer l’attention du grand public, avant que le parc de Cachopo ne devienne un nouveau fait accompli, aux conséquences durables sur l’autonomie des territoires et les écosystèmes portugais.
Pour suivre la campagne Aware Algarve, CARE invite les citoyens à se mobiliser via sa page Facebook, où sont partagés des ressources, des actualités, et des moyens de s’impliquer.
Le poste Algarve Pressure Group a applaudi en tant que déchaux de révision officielles au Cachopo Wind Farm Project est apparu en premier sur Résident du Portugal.





