Les militants pour le droit au logement maintiennent leur mobilisation sur les places des deux villes. De son côté, la CGTP annonce un nouveau rassemblement devant le Parlement le 24 novembre.
Les manifestants qui réclament des logements abordables sont restés installés dans le centre de Lisbonne et de Porto dimanche, au lendemain des rassemblements contre la hausse du coût de la vie. Certains réfléchissent déjà à la manière de concilier leur semaine de travail avec leur présence dans la rue.
Tentes et sacs de couchage ont investi le Rossio, à Lisbonne, et la Praça D. João I, à Porto. Les militants pour le droit au logement promettent de maintenir la pression sur le gouvernement.
Parmi leurs revendications figurent l’abandon de la réforme de la loi sur les locations, approuvée en commission parlementaire par les partis de droite, le développement du parc de logements publics et l’arrêt des expulsions de personnes qui n’ont aucune autre solution pour se loger.
« Ils veulent nous voir dans la rue ; ils nous verront dans la rue », scandaient les manifestants à Lisbonne, où des milliers de personnes s’étaient rassemblées la veille. Plusieurs pancartes visaient directement le Premier ministre, Luís Montenegro.
Dès dimanche matin, les questions pratiques liées à la poursuite de la mobilisation se posaient : comment nourrir les participants, organiser des équipes de nettoyage et maintenir les campements lorsque certains devront reprendre le travail ?
Bruno, un ingénieur informatique de 30 ans qui participe à l’organisation du rassemblement lisboète, a expliqué à l’agence Lusa que le télétravail lui permettrait de rester sur place.
D’autres auront davantage de difficultés à concilier les deux. Mais son message est sans équivoque : « Nous sommes là pour rester. »
Malgré un bon salaire, Bruno estime avoir eu de la chance de trouver un logement à louer, même sans contrat de location.
« Tout cela est injuste. Très injuste », a-t-il déclaré.
À proximité, Pedro Lourenço, 26 ans, qui vit toujours chez ses parents à Mafra, interrogeait les touristes de passage pour les réseaux sociaux. Son objectif : faire connaître le mouvement au-delà de ses soutiens habituels.
Certains exprimaient leur solidarité, tandis que d’autres conseillaient aux manifestants de trouver un emploi. Mais les échanges peuvent faire évoluer les opinions, a-t-il expliqué à Lusa. « Nous voulons simplement avoir le droit à une vie digne. »
À Porto, plusieurs centaines de personnes ont passé la nuit sur la Praça D. João I, où les tentes ont de nouveau été installées. Pedro Lopes, porte-parole du mouvement, a décrit une ambiance paisible et conviviale, marquée par une participation croissante. Une bonne partie de la nuit a été consacrée à l’organisation de la mobilisation.
Un conteneur à ordures en feu a brièvement interrompu les activités. Les militants ont nié toute responsabilité, attribuant l’incident à des provocateurs. Le feu a rapidement été éteint et aucun autre incident ni affrontement n’a été signalé durant la nuit dans les deux villes.
Dimanche matin, à Porto, des bénévoles ramassaient les mégots, triaient les déchets et nettoyaient la place.
Tiago Tomé, qui passait la serpillière après seulement quatre heures de sommeil, a expliqué que les bouteilles et les canettes étaient également récupérées afin de financer l’achat de nourriture.
Les bénévoles ont souligné que le maintien de la propreté de la place répondait aussi à un autre objectif : éviter que la municipalité ne s’appuie sur des impératifs de nettoyage pour justifier le retrait des tentes.
Le dialogue avec le maire de Porto, Pedro Duarte, reste par ailleurs au cœur d’un désaccord. Celui-ci a déclaré à la radio TSF avoir invité publiquement les militants à une réunion à l’hôtel de ville, tout en précisant qu’il ne participerait pas à une assemblée populaire organisée sur la place. De son côté, l’avocat du mouvement affirme n’avoir reçu aucune invitation.
Les militants pour le droit au logement prévoient de nouvelles assemblées dimanche afin de décider de la suite du mouvement, notamment de la possibilité de rester sur les places jusqu’à lundi.
Parallèlement, la confédération syndicale CGTP, qui avait elle aussi manifesté la veille contre la hausse du coût de la vie, a annoncé un nouveau rassemblement devant le Parlement le 24 novembre.
Pour ceux qui occupent encore les places, l’enjeu est désormais de transformer la mobilisation du week-end en une pression durable sur les pouvoirs publics.
Sources : CNN Portugal, SIC Notícias, Lusa
Natasha Donn





