Face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, les experts portugais appellent les municipalités à créer des espaces climatisés accessibles au public afin de protéger les personnes les plus vulnérables.
L’appel émane du Conseil portugais pour la Santé et l’Environnement (CPSA), qui souligne que le Portugal a déjà connu cinq épisodes de canicule depuis le début de l’année, représentant un total de 59 jours durant lesquels les températures ont dépassé d’au moins 5°C les normales de saison. Cette semaine, le mercure pourrait d’ailleurs franchir la barre des 40°C dans plusieurs régions du pays.
Pour le CPSA, cette multiplication des épisodes de chaleur extrême impose une réponse coordonnée entre les municipalités, les autorités sanitaires et le gouvernement.
« Les vagues de chaleur sont une conséquence directe du changement climatique, qui évolue selon les scénarios les plus pessimistes », explique Luís Campos, président du CPSA, cité par l’agence Lusa.
Selon lui, le Portugal est particulièrement exposé en raison de sa proximité avec l’Afrique du Nord, du vieillissement de sa population et des importantes inégalités sociales qui empêchent de nombreuses personnes de disposer d’un logement correctement climatisé.
Des espaces climatisés accessibles à tous
Les experts recommandent ainsi que chaque municipalité mette en place au moins un centre de rafraîchissement : un lieu public climatisé, accessible gratuitement, avec des horaires élargis, de l’eau potable et, si possible, un accompagnement social permettant aux personnes fragiles de s’abriter durant les périodes de fortes chaleurs.
Le CPSA demande également aux autorités sanitaires de renforcer la surveillance des maladies et décès liés à la chaleur, de maintenir à jour les plans d’urgence dans les hôpitaux, centres de santé, maisons de retraite et crèches, ainsi que de contacter de manière proactive les personnes les plus à risque : personnes âgées, malades chroniques ou sans-abri.
Informer et prévenir
Pour Luís Campos, il est également essentiel de multiplier les campagnes d’information afin de rappeler les bons réflexes : boire régulièrement, maintenir son logement au frais, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes et savoir reconnaître les symptômes d’un coup de chaleur.
Les sauveteurs en mer ont d’ailleurs eux aussi alerté cette semaine sur l’augmentation du risque de noyades pendant les périodes de canicule.
Des canicules de plus en plus nombreuses
Les chiffres du CPSA montrent une évolution préoccupante : jusqu’en 2021, le Portugal connaissait en moyenne une à trois vagues de chaleur par an. Depuis 2022, ce nombre est passé à six à huit épisodes annuels, de plus en plus longs, plus intenses et apparaissant désormais parfois en dehors de la période estivale.
« Nous devons prendre conscience de cette évolution et nous adapter à cette aggravation des vagues de chaleur », insiste Luís Campos.
Repenser les villes face au réchauffement
Au-delà des mesures d’urgence, le Conseil plaide également pour une adaptation durable des villes : davantage d’espaces verts, d’arbres, de toitures végétalisées, de fontaines publiques, de matériaux absorbant moins la chaleur ainsi qu’une meilleure ventilation et un meilleur ombrage des bâtiments.
Les municipalités sont également invitées à cartographier les îlots de chaleur urbains, où les températures peuvent être jusqu’à 7°C plus élevées que dans les zones périphériques.
Enfin, le CPSA appelle à mettre en place une protection spécifique pour les travailleurs exposés aux fortes chaleurs, de plus en plus nombreuses au Portugal.
Michael Bruxo
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