La Banque du Portugal veut durcir l’accès aux crédits immobiliers

La Banque du Portugal prépare un durcissement des règles encadrant les prêts immobiliers, dans un contexte de forte hausse du crédit et de remontée des taux d’intérêt.

Selon plusieurs médias portugais, de plus en plus de ménages consacrent déjà jusqu’à 50 % de leurs revenus au remboursement de leur logement, une situation qui rappelle les années 2006 et 2007, avant la crise mondiale des subprimes. La banque centrale portugaise souhaite ainsi éviter de futurs problèmes financiers, explique le journal Expresso.

La mesure qui doit être présentée aux banques la semaine prochaine et pourrait entrer en vigueur dès le début de l’été prévoit de réduire le « taux d’effort » maximal autorisé pour les emprunteurs. Actuellement, ce ratio – appelé DSTI dans le secteur bancaire (« debt service to income ») – est fixé à 50 %. Il correspond à la part des revenus consacrée au remboursement des crédits.

D’après l’Expresso, la Banque du Portugal envisage de réduire ce plafond de 5 à 10 points de pourcentage. Une décision qui pourrait empêcher certains ménages d’obtenir un prêt immobilier, mais que l’institution considère nécessaire afin de limiter les risques en cas de nouvelle hausse des taux.

Le journal souligne qu’en 2025, 94 % des crédits immobiliers accordés concernaient des emprunteurs dont le taux d’effort était inférieur ou égal à 50 %. Environ 4 % des prêts ont été accordés à des ménages consacrant jusqu’à 60 % de leurs revenus au logement, tandis que 2 % des crédits concernaient des emprunteurs dépassant ce seuil, selon les chiffres de la Banco de Portugal.

Lors de sa dernière réunion fin avril, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés, mais une hausse dès le mois de juin reste envisagée. Parallèlement, les taux Euribor poursuivent leur progression, avec des prévisions tablant sur une augmentation d’environ 0,6 point d’ici la fin de l’été.

Les taux Euribor correspondent aux taux auxquels les banques de la zone euro se prêtent de l’argent entre elles sans garantie.

Natasha Donn

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