En Alentejo, la production d’huile d’olive s’est vue multipliée par cinq en 26 ans, pour atteindre environ 160 000 tonnes par an, ce qui représente près de 700 millions d’euros pour l’économie nationale. Une progression remarquable qui a été mise en avant lors du congrès national du secteur.
Réunis à Moura, producteurs et experts estiment pourtant que le potentiel de croissance reste important. Depuis le début du siècle, la modernisation des oliveraies et l’essor de systèmes de production plus intensifs ont profondément transformé le paysage agricole, notamment dans le sud du pays.
Aujourd’hui, le Portugal compte environ 350 000 hectares d’oliveraies, majoritairement situées en Alentejo, en particulier dans la zone du Baixo Alentejo, fortement dynamisée par les infrastructures d’irrigation liées au barrage de Alqueva, la plus grande retenue artificielle d’Europe.
Le secteur reste toutefois largement dépendant des ventes en vrac, qui représentent encore plus de 50 % de la production, principalement destinées à l’export. Pour changer cela, l’association CEPAAL plaide pour la création d’une marque ombrelle de l’huile d’olive portugaise, afin de mieux valoriser le produit sur les marchés internationaux.
L’objectif est clair : capter davantage de valeur ajoutée en embouteillant et en commercialisant l’huile sous une identité portugaise forte, plutôt que de laisser une partie importante des revenus partir vers d’autres pays producteurs comme l’Espagne ou l’Italie.
Parallèlement, les professionnels du secteur soulignent l’évolution rapide des techniques agricoles. Les oliveraies traditionnelles sont progressivement remplacées par des systèmes modernes en haies, plus productifs et adaptés à une agriculture intensive, ce qui pourrait encore accélérer la croissance dans les années à venir.
Selon les projections du secteur, la production portugaise pourrait atteindre jusqu’à 300 000 tonnes dans les trois à cinq prochaines années, plaçant le pays parmi les principaux producteurs européens et mondiaux.
Natasha Donn





