Le gouvernement repense la police urbaine

Le nouveau ministre de l’Administration interne, Luís Neves, veut revoir en profondeur la manière dont la lutte contre la criminalité est organisée dans les grandes zones urbaines portugaises. Dans son viseur : le fonctionnement des polices municipales de Lisbonne, Porto et de l’Algarve.

Son idée ? Aller au-delà des frontières administratives actuelles et imaginer un modèle plus global, adapté à la réalité des grandes agglomérations. « La ville ne s’arrête pas aux municipalités », a-t-il résumé lors d’une conférence à Lisbonne consacrée aux enjeux de sécurité et de cohésion sociale. Selon lui, une métropole comme Lisbonne forme un ensemble continu qui dépasse largement ses limites officielles, englobant des zones comme Vila Franca de Xira, Cascais, Mafra ou encore la rive sud du Tage.

Aujourd’hui, chaque municipalité dispose de ses propres moyens et de son propre centre de commandement. Mais pour le ministre, ce fonctionnement en silos montre ses limites. Il plaide pour une meilleure coordination, avec une utilisation plus cohérente et fluide des ressources. L’objectif : éviter la fragmentation et renforcer l’efficacité globale face à la criminalité.

Cette réflexion devrait s’étendre dans les prochains mois à Lisbonne, Porto et à l’Algarve, afin d’harmoniser les approches dans les zones urbaines contiguës.

Ancien directeur de la police judiciaire, Polícia Judiciária, pendant huit ans, Luís Neves imprime déjà son style : énergique, réformateur, et déterminé à moderniser un système qu’il juge parfois dépassé.

Mais au-delà de l’organisation policière, le ministre insiste sur une vision plus large de la sécurité. Selon lui, elle ne se résume pas à l’action des forces de l’ordre. Elle passe aussi par des politiques inclusives, une présence renforcée dans l’espace public, l’implication des habitants et des commerçants, ainsi que des outils comme la vidéosurveillance et l’entretien des espaces urbains.

Dans un contexte qu’il décrit comme marqué par des tensions et une polarisation croissante, il appelle à recréer du lien et de la présence sur le terrain. L’idée est claire : faire de la rue un espace réellement vécu, où la communauté joue un rôle actif.

Car, selon lui, c’est justement cette présence collective qui permet de réduire l’indifférence… et de renforcer durablement le sentiment de sécurité.

Natasha Donn

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