Face à la crise énergétique mondiale, le Portugal est contraint de reconsidérer sa stratégie. Malgré ses investissements dans les énergies renouvelables, le pays réalise, comme le reste de l’Europe, que celles-ci ne suffisent pas à garantir une autonomie énergétique durable.
Dès le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, Bruxelles a réagi en annonçant un fonds de 200 millions d’euros pour soutenir l’innovation nucléaire, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR). Mais Lisbonne reste prudente. La ministre de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, estime que le nucléaire représente un investissement trop lourd et privilégie le potentiel renouvelable du pays.
Cette position est toutefois contestée par de nombreux experts. Par nature intermittentes, les énergies renouvelables dépendent des conditions climatiques et ne peuvent assurer en continu les besoins énergétiques, contrairement au nucléaire, disponible en permanence.
Dans ce contexte, le débat sur les hydrocarbures refait surface. L’exploration pétrolière et gazière, abandonnée sous le gouvernement de António Costa après une forte mobilisation citoyenne, suscite à nouveau de l’intérêt. Le conflit au Moyen-Orient et les tensions sur l’approvisionnement mondial rappellent l’importance stratégique de ces რეს sources.
Le groupe énergétique GALP Energia souligne d’ailleurs le potentiel encore peu évalué des ressources offshore portugaises, qui pourraient contribuer à réduire la dépendance extérieure à long terme. Mais toute décision en ce sens relève du gouvernement et s’inscrit dans une stratégie globale conciliant sécurité énergétique et transition écologique.
Certains experts, comme Bruno Soares Gonçalves, avancent une voie intermédiaire : participer au développement du nucléaire à l’échelle européenne sans construire de centrale nationale, par exemple via la production de composants ou de matériaux spécialisés.
En attendant, la crise a déjà un coût. Selon le Jornal Económico, elle a entraîné une facture d’environ un milliard d’euros pour le Portugal. Le gouvernement a débloqué 450 millions d’euros de soutien, tandis que la hausse des prix de l’énergie pèse sur les ménages et les entreprises.
Comparé à d’autres pays européens, le Portugal reste relativement épargné, mais les critiques montent face aux aides plus importantes accordées en Espagne, qui dispose par ailleurs d’un mix énergétique incluant nucléaire et charbon.
Dans un contexte incertain, une question demeure : le Portugal fera-t-il ses propres choix énergétiques, ou s’alignera-t-il une nouvelle fois sur les orientations européennes ?
Natasha Donn
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