À Coimbra, l’un des principaux pôles universitaires du Portugal, les responsables académiques enquêtent sur une série de messages WhatsApp, accompagnés d’images, qui ont suscité l’indignation après leur diffusion auprès de nombreux étudiants.
Selon le tabloïd Correio da Manhã, ces contenus présentent un caractère ouvertement raciste, xénophobe et misogyne. Certains messages iraient jusqu’à faire l’apologie du nazisme.
Les premiers échanges auraient été publiés dans un groupe WhatsApp destiné à accueillir les nouveaux étudiants de la faculté de droit, avant d’être relayés dans un groupe élargi comptant près de 800 étudiants.
Parmi les contenus diffusés figurent des messages audio d’environ cinq minutes, composés d’insultes visant les femmes, les étrangers et les personnes noires. Plusieurs voix y tiennent des propos violents, notamment : « Les femmes sont faites pour être battues, rien de plus. »
Rapidement alertées, les autorités universitaires cherchent désormais à identifier les auteurs. L’ouverture de procédures disciplinaires est envisagée et pourrait conduire à des exclusions de l’Académie de Coimbra, souligne le journal.
Les premiers éléments de l’enquête indiquent que les messages proviendraient d’étudiants de l’ISCAC (Coimbra Business School, rattachée à un institut polytechnique de la ville). L’un des étudiants impliqués, qui a diffusé un fichier depuis son téléphone portable, a présenté des excuses aux instances universitaires et étudiantes, sans toutefois révéler l’identité des autres participants.
La direction générale de l’Association académique de Coimbra, en coordination avec plusieurs associations représentant des étudiants originaires d’Angola, du Mozambique, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau et du Brésil, ainsi que le programme Erasmus, a publié un communiqué condamnant fermement ces faits. Le texte insiste sur le fait qu’« il n’y a pas de place » pour « la haine ou l’exclusion » au sein de la ville et de la communauté académique.
Le communiqué appelle également à une enquête rigoureuse, accompagnée de mesures concrètes.
La ville de Coimbra compte environ 40 000 étudiants, toutes institutions d’enseignement supérieur confondues.
Pour Samuel A. Gomes, ancien étudiant de la faculté de droit et ex-président de l’association des étudiants de Guinée-Bissau, cette affaire doit servir « d’opportunité pour mettre en place des mécanismes solides permettant de signaler, documenter et prévenir ce type d’incidents à l’avenir ».
Natasha Donn
Photo : Miriam Pereira
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