Photo : Thomas Park/Unsplash
Le gouvernement portugais et la Police judiciaire (PJ) ont lancé un nouvel avertissement concernant les dangers de la radicalisation en ligne et des discours de haine, en particulier chez les enfants et les jeunes. Cette alerte a été formulée à l’occasion du lancement d’une campagne nationale de sensibilisation.
S’exprimant lors de la conférence « Prevenção da Radicalização Online de Crianças e Jovens » (Prévention de la radicalisation en ligne des enfants et des jeunes), organisée au siège de la PJ à Lisbonne, son directeur national, Luís Neves, a défini la radicalisation comme « un processus de transformation personnelle chez les enfants et les jeunes pouvant mener à l’extrémisme violent ».
Le responsable a confirmé que des cas de radicalisation ont déjà été identifiés au Portugal, soulignant que les jeunes constituent un public particulièrement vulnérable. Selon lui, les contenus de haine en ligne n’apparaissent jamais « par hasard » et résultent généralement d’une combinaison de facteurs sociaux, psychologiques, technologiques et culturels. Parmi ceux-ci figurent la quête d’identité et d’appartenance, le rôle des algorithmes des réseaux sociaux, l’anonymat et le sentiment d’impunité en ligne, le manque de compétences en littératie numérique et en esprit critique, ainsi que les frustrations sociales et économiques ou encore l’influence de certaines figures publiques.
Luís Neves a également rappelé que la radicalisation peut prendre différentes formes, souvent liées à des différences religieuses, politiques, de genre ou d’orientation sexuelle, créant un terrain propice à « un extrémisme violent nourri par les préjugés et la haine ».
Lors de l’événement, la PJ a présenté sa nouvelle campagne intitulée « Ódio online mata offline » (« La haine en ligne tue hors ligne »), qui s’appuie sur de véritables images issues d’enquêtes policières. Le directeur a par ailleurs mis en garde contre la montée du phénomène de « crime as a service », dans lequel des réseaux criminels fournissent des outils numériques illégaux — y compris via l’intelligence artificielle — pour faciliter la radicalisation et le recrutement, notamment de mineurs.
Luís Neves a plaidé pour que le Plan d’action national de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent soit rendu public, estimant que la société civile doit être pleinement impliquée dans la lutte contre ce phénomène.
Présente elle aussi à la conférence, la ministre de la Justice, Rita Alarcão Júdice, a insisté sur le fait que la prévention ne peut se limiter à la surveillance ou aux interdictions.
« Elle doit s’appuyer sur l’éducation au numérique, le développement de l’esprit critique, l’enseignement des droits humains, ainsi que sur la formation des enseignants et des professionnels afin qu’ils puissent identifier les signaux d’alerte et réagir de manière appropriée », a-t-elle déclaré.
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