Présidentielle : les candidats portugais divisés sur l’intervention américaine au Venezuela

À quelques heures de l’annonce du président américain Donald Trump affirmant que les États-Unis entendaient « assumer le contrôle du Venezuela » à court, voire moyen terme, les candidats à l’élection présidentielle portugaise — à deux semaines du scrutin du 18 janvier — livraient leurs premières réactions à l’attaque militaire menée dans la nuit contre Caracas.

Parmi les onze candidats en lice, un seul, le leader de CHEGA André Ventura, a salué positivement l’opération américaine et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.

Tous les autres se sont montrés critiques, voire très prudents. Le candidat socialiste António José Seguro s’est interrogé sur les conséquences de cette intervention, demandant ouvertement « quel pays pourrait être le prochain ». Une question à laquelle Donald Trump répondra plus tard dans la journée en évoquant explicitement Cuba comme cible potentielle.

Avant même la conférence de presse donnée par le président américain depuis Mar-a-Lago en fin d’après-midi, les prétendants à la magistrature suprême au Portugal avaient déjà pris position — un moment révélateur pour les électeurs, invités à observer qui osait s’exprimer clairement.

Le candidat du PSD, Luís Marques Mendes, fidèle à son style mesuré, a jugé qu’il était « trop tôt pour tirer des conclusions sur la nature de l’intervention américaine ». En l’absence d’informations plus précises, il a préféré souligner sa préoccupation pour la communauté portugaise au Venezuela, rappelant que « l’Union européenne n’a jamais reconnu les élections vénézuéliennes ». Une position jugée prudente, voire consensuelle.

Plus les candidats se situaient à gauche de l’échiquier politique, plus leurs réactions exprimaient une inquiétude marquée et une indignation face à ce qu’ils estiment être une mise à l’écart totale du droit international.

Le candidat indépendant Henrique Gouveia e Melo, ancien haut gradé de la marine, a adopté une analyse plus globale, écrivant sur les réseaux sociaux :
« J’alerte sur cette réalité depuis longtemps. Le monde change rapidement et l’instabilité internationale s’aggrave, avec des transformations profondes du système mondial. Le Portugal est dans la bonne alliance, mais il a besoin de clarté, de fermeté et d’une vision stratégique pour affronter le monde vers lequel nous allons. »

Pour le candidat de LIVRE, Jorge Pinto, qui reconnaît lui-même ses faibles chances de victoire, l’essentiel réside dans le principe :
« Indépendamment de ce que l’on pense de Maduro, ce qui s’est passé est une attaque illégale, contraire au droit international. »

Il a ajouté espérer que « le Portugal, l’Europe et l’OTAN ne soutiendront pas cette intervention », faisant écho aux inquiétudes exprimées par António José Seguro :
« Aujourd’hui, c’est le Venezuela. Qui sera le prochain ? Et si demain c’était le Groenland ? Je crois à la défense du droit international partout dans le monde. Je ne crois ni au bon ni au mauvais impérialisme. »

Ces prises de position ont précédé la déclaration de Donald Trump confirmant que les États-Unis entendaient administrer le Venezuela avec une équipe expérimentée et faire appel à des entreprises américaines du secteur pétrolier.
Selon le président américain, « le pétrole du Venezuela appartient aux États-Unis ».
« Nous avons construit l’industrie pétrolière vénézuélienne avec le talent, l’énergie et les compétences américaines, et le régime socialiste nous l’a volée », a-t-il affirmé, qualifiant la situation de « l’un des plus grands vols de propriété américaine de l’histoire ».

« Ils ont volé notre pétrole », a-t-il insisté. « Ils se sont approprié tout cela comme si de rien n’était. »

Sources : ZAP / Lusa / NBC News Photo :  Clarence Alford pour Pixabay

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