À l’issue de son mandat de dix ans, Marcelo Rebelo de Sousa reconnaît qu’il n’a pas réussi à améliorer la situation de la pauvreté au Portugal. Lors de sa prise de fonctions en 2016, environ deux millions de personnes vivaient déjà sous le seuil de pauvreté — un chiffre qui n’a pratiquement pas bougé depuis, représentant toujours près d’un Portugais sur cinq.
Interrogé par les journalistes lors de sa visite au Banco Alimentar Contra a Fome, à Alcântara, Lisbonne, à l’occasion du lancement de la nouvelle campagne de collecte alimentaire, le président s’est dit “le cœur serré”. Il a rappelé qu’environ 400 000 personnes parmi ces deux millions bénéficient directement de l’aide des banques alimentaires, “soit un cinquième” de la population pauvre du pays.
Marcelo avait entamé son mandat avec l’ambition de contribuer à éradiquer la pauvreté et d’améliorer la situation des personnes sans-abri, mais ces objectifs sont restés hors de portée, aggravés par la hausse du coût de la vie et la crise du logement. “Oui, je suis frustré”, a-t-il admis, à quelques mois de quitter ses fonctions début 2026.
Selon lui, la pandémie et le vieillissement rapide de la société portugaise ont lourdement pesé sur la lutte contre la précarité. Les gouvernements “ont fait ce qu’ils ont pu”, a-t-il estimé, rappelant que le vieillissement entraîne appauvrissement et difficultés à inverser la tendance.
Sur le sujet sensible de l’immigration, le président a souligné que celle-ci avait “en grande partie compensé la situation, mais seulement partiellement”. Les naissances de mères immigrées augmentent dans les hôpitaux portugais, a-t-il rappelé, car ces populations sont plus jeunes et plus nombreuses, contribuant ainsi à soutenir la démographie portugaise. Dans certains établissements de Lisbonne, de nombreux accouchements concernent toutefois des immigrantes non résidentes, un phénomène qui accentue la pression sur le SNS, le système national de santé.
Malgré ce constat sombre, Marcelo a tenu à remercier la Fédération des banques alimentaires pour ses “très, très, très nombreuses années de service”, qui, selon lui, resteront indispensables encore longtemps. Il s’est néanmoins réjoui de voir toujours plus de volontaires participer aux collectes organisées ce week-end.
Le 17 octobre, le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN) Portugal rappelait déjà que le nombre de personnes à risque de pauvreté demeure élevé, soulignant qu’il s’agit d’un problème structurel. La dernière campagne du Banco Alimentar mobilise plus de 42 000 bénévoles dans 2 000 magasins afin de recueillir des denrées non périssables destinées aux plus démunis. La collecte se déroule en présentiel jusqu’à la fin de la journée, et se poursuit en ligne jusqu’au 7 décembre sur le site alimentestaideia.pt.
Source : LUSA
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