
Les dernières nouvelles autour de Savannah Resources – dont 27 % du capital est détenu par des investisseurs portugais et qui projette d’exploiter du lithium à Boticas – ont surtout fait réagir le public. Sous un article publié par SIC Notícias, près de 500 commentaires témoignent d’une inquiétude grandissante face à un projet dénoncé depuis le début par les communautés locales et les associations environnementales.
« Ils sont en train de nous vendre par morceaux », écrit un lecteur.
« J’espère que la presse nous aidera à lutter contre ces intérêts économiques », ajoute un autre.
Si la contestation monte, Savannah bénéficie pourtant de soutiens de poids, dont celui de la Commission européenne. De quoi nourrir les craintes quant à l’impact cumulé des grands projets en cours : exploitation de lithium, cuivre, feldspath ou tungstène, multiplication des centrales photovoltaïques et des éoliennes… Un militant engagé contre le gigantesque parc solaire Sophia résume l’inquiétude générale : « Il est temps de dire stop. Sinon, il ne restera pas un Portugal naturel et sain. Il faut arrêter cette calamité. »
Savannah, elle, reste optimiste. Elle confirme vouloir lancer ses opérations à Boticas d’ici fin 2026 et annonce avoir obtenu une nouvelle concession, Aldeia, où elle prévoit d’extraire non seulement du lithium, mais aussi du quartz et du feldspath. Souvent accusée de multiplier les « annonces » à visée promotionnelle, la société affirme que les quantités de lithium à Boticas seraient « largement supérieures » aux estimations initiales. En additionnant les perspectives d’Aldeia, son PDG, Emanuel Proença, promet des retombées économiques locales, notamment grâce à une unité de transformation prévue sur le site, susceptible de créer des emplois « pour une ou plusieurs générations ».
Selon SIC, la construction de la mine de Barroso (Boticas) devrait débuter fin 2026, pour un démarrage de la production en 2028. Une usine, des routes, des réservoirs d’eau, des bureaux, un laboratoire et une station d’épuration sont prévus. « Tous ces éléments seront construits en parallèle sur environ 18 mois, avant la phase de production », explique Proença.
En attendant, Savannah souhaite poursuivre des travaux géotechniques, nécessitant une deuxième servitude administrative. La décision du gouvernement est en attente, tandis que les habitants s’y opposent farouchement, comme pour la première servitude.
Ces travaux s’ajoutent au Plan minier, au rapport de conformité environnementale (RECAPE) et aux études permettant de structurer le financement du projet avant la construction.
Rien de tout cela ne semble convaincre les lecteurs de SIC, ni les habitants qui s’opposent déjà vivement au projet depuis des mois.
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