Polémique autour d’une prétendue consigne de réduction des dépenses hospitalières

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Le gouvernement dément tout ordre de coupes dans le système de santé, malgré un message jugé « incompréhensible » par les hôpitaux.

Une vive confusion règne au sein du Service national de santé (SNS) portugais après la diffusion d’informations selon lesquelles les hôpitaux auraient reçu l’ordre de réduire leurs dépenses en médicaments, interventions chirurgicales supplémentaires, recours aux agences d’intérim et embauches.

Une « instruction » qui sème le trouble

Selon plusieurs sources, cette directive aurait été transmise il y a deux semaines lors de l’Assemblée générale des gestionnaires du SNS, à Santarém, par le conseil exécutif du SNS (DE-SNS).
Les administrateurs hospitaliers ont immédiatement dénoncé un message « incompréhensible », tandis que Carlos Cortes, président de l’Ordre des médecins, l’a qualifié de « profondément misérable ».

Mais le gouvernement assure qu’il s’agit d’un malentendu.
Le directeur exécutif du SNS, Álvaro Almeida, a affirmé dans un communiqué que les déclarations de Carlos Cortes étaient « globalement fausses », issues de « l’interprétation d’un article journalistique inexact » paru dans Público.
Problème : le communiqué ne précise ni quels propos sont faux, ni en quoi le reportage est erroné, laissant la polémique entière.

Un langage flou, une communication confuse

L’agence Lusa note qu’Almeida n’a pas clarifié si une telle instruction avait bel et bien été donnée. Il a seulement rappelé que la réunion évoquée rassemblait les principaux dirigeants du SNS, et non les administrateurs hospitaliers.

Interrogé plus tôt dans la journée, il avait déjà refusé tout commentaire sur une éventuelle directive de réduction des dépenses pour 2026.

Le Premier ministre Luís Montenegro est ensuite intervenu pour tenter d’éteindre l’incendie :

« Il est totalement faux qu’il existe une orientation visant à réduire la capacité de prestation de soins ou à ralentir les services », a-t-il déclaré.

Selon lui, il ne s’agit pas de coupes, mais d’une utilisation plus efficace des fonds publics :

« Le mot coupes est incorrect. Il n’y a aucune instruction pour réduire quoi que ce soit. Il s’agit de mieux gérer, de lutter contre le gaspillage et de faire de meilleurs choix lors des achats de biens et services », a-t-il insisté.

Entre optimisme politique et réalité du terrain

Le chef du gouvernement a rappelé que le budget du SNS pour 2026 s’élève à 18 milliards d’euros, soit 10 milliards de plus qu’il y a dix ans, même si cette comparaison ne reflète pas les transformations profondes du secteur sur la période.

En toile de fond, la situation reste préoccupante : à la fin juin, près d’un million de Portugais attendaient une première consultation hospitalière, plus de 192 000 une opération, et 7 500 une chirurgie liée à un cancer.

Ainsi, la « consigne » controversée semble s’être transformée en « directive exigeante », censée encourager la rationalisation des ressources plutôt qu’une véritable politique d’austérité — du moins officiellement.

Source : Correio da Manhã/ Lusa/ Jornal de Notícias

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