Élections présidentielles portugaises fixées au 18 janvier

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La campagne s’intensifie après la polémique déclenchée par les affiches d’André Ventura.

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a fixé la date des prochaines élections présidentielles au dimanche 18 janvier 2026. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour aura lieu le 8 février, soigneusement choisi pour ne pas coïncider avec la période du Carnaval.

Une campagne déjà sous haute tension

Le scrutin s’annonce particulièrement disputé, avec de nombreux candidats issus de tout l’échiquier politique :

  • André Ventura (CHEGA, extrême droite)
  • Luís Marques Mendes, soutenu par le PPD/PSD (centre droit)
  • António José Seguro pour le PS (socialistes)
  • António Filipe (PCP, communistes)
  • Catarina Martins (Bloco de Esquerda, gauche radicale)
  • João Cotrim de Figueiredo (Iniciativa Liberal)
  • Joana Amaral Dias (ADN)
  • José Cardoso (PLS)
  • ainsi que plusieurs indépendants, dont Henrique Gouveia e Melo, Jorge Pinto, Vitorino Silva et André Pestana.

Malgré cette pluralité, la course apparaît comme un duel entre les grands partis et Henrique Gouveia e Melo, ancien chef d’état-major de la Marine, très populaire pour son rôle durant la campagne de vaccination contre le Covid-19.

André Ventura, au cœur de la polémique

Le chef du parti CHEGA, André Ventura, a une fois de plus monopolisé l’attention médiatique avec une campagne d’affichage jugée provocatrice et raciste. Ses panneaux, portant les slogans « Ceci n’est pas le Bangladesh » et « Les Gitans doivent respecter la loi », ont suscité une vague de plaintes déposées auprès de la Commission nationale des élections, qui a saisi le ministère public.

Le candidat social-démocrate Luís Marques Mendes a mis en garde contre une réaction judiciaire qu’il juge contre-productive :

« Ventura cherche la provocation pour attirer l’attention. Il espère même qu’on le poursuive, afin de se poser en victime et en héros à la fois. J’espère que personne ne tombera dans ce piège », a-t-il déclaré à la presse à Loures.

De son côté, André Ventura a revendiqué son discours sur les réseaux sociaux :

« Un candidat à la présidence ne doit pas avoir peur de dire la vérité, même si cela choque le système. C’est la peur de parler qui a conduit le pays là où il est. Les Portugais méritent de gagner cette bataille », a-t-il écrit, affirmant que « de nombreux immigrés partagent son message ».

Vers une élection sous tension

Ces prises de position polarisantes annoncent l’une des campagnes présidentielles les plus atypiques depuis l’instauration du suffrage direct après la Révolution des Œillets en 1974.

Depuis cette date, un seul scrutin — celui de 1986, remporté par Mário Soares — s’est joué lors d’un second tour. Si la tendance actuelle se confirme, l’élection de 2026 pourrait bien marquer une nouvelle étape de tension politique dans la démocratie portugaise.

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