La hausse des crimes violents à Lisbonne est « exagérée » par les médias

Des faits réels, mais une couverture médiatique jugée excessive qui  « alimente un sentiment d’insécurité disproportionné »

La ministre portugaise de l’Intérieur, Maria Lúcia Amaral, a averti aujourd’hui que la récente série de crimes violents dans la région de Lisbonne est en train de générer un sentiment d’insécurité exagéré par rapport à la réalité.

« Il y a bien eu une augmentation de la criminalité violente, mais pas dans les proportions que les médias laissent entendre. Cette couverture amplifie un sentiment d’insécurité chez la population, qui ne correspond pas toujours à ce qui se passe réellement », a déclaré la ministre, interrogée au sujet des cinq affaires survenues dans la région de Lisbonne.

La police a enregistré cinq cas de jeunes hommes blessés par balles à Amadora, incidents déjà rapportés par The Resident.

Ces faits sont bien réels — mais, selon la ministre, leur médiatisation devrait peut-être être plus mesurée. Elle a ainsi expliqué, dans une phrase pour le moins nuancée :

« La vague de crimes violents qui a marqué la semaine dernière doit être comprise dans notre contexte, celui d’un travail journalistique rigoureux sur l’augmentation réelle de la criminalité et de la violence. »

En d’autres termes : les crimes ont eu lieu, mais Maria Lúcia Amaral préférerait qu’on en parle moins.

Les déclarations de la ministre ont été faites lors de la cérémonie d’inauguration d’un nouveau commissariat à Odivelas, au cours de laquelle le directeur national de la PSP, Luís Carrilho, a salué l’investissement de près de 600 000 euros consacré à la rénovation du commissariat de Pontinha. Il a souligné que le travail de la PSP de Pontinha avait permis une baisse de la criminalité générale, violente et grave cette année, ainsi qu’une hausse du nombre d’arrestations par rapport à 2024.

Concernant les révélations du journal Público — selon lesquelles la PSP aurait réalisé « l’une des plus importantes saisies de drogue de son histoire sans en informer la Police judiciaire (PJ), pourtant responsable des enquêtes criminelles majeures —, le directeur Carrilho a renvoyé les explications à une conférence de presse prévue demain, tout en félicitant les agents pour la saisie d’une quantité considérable de haschisch et de matériel connexe.

Público précise que l’opération « a été menée sans en informer la Police judiciaire, alors que la loi impose à toute autre police criminelle de notifier ce type d’action ».

Interrogée à ce sujet, Maria Lúcia Amaral a répondu :

« Je n’ai pas encore lu l’article de Público. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, donc je ne peux pas commenter. »

S’agissant des critiques des syndicats de la PSP, qui réclament des augmentations salariales et reprochent au gouvernement de ne pas les avoir intégrées dans le projet de budget de l’État pour 2026, la ministre a assuré qu’elle travaille sur la question.

« Comme dans de nombreuses institutions de l’État, il existe des difficultés à attirer les jeunes générations vers des carrières impliquant des engagements à vie », a-t-elle expliqué, jugeant cette situation « tout à fait naturelle ».

Et d’ajouter :

« Aujourd’hui, la culture des jeunes est différente, car le monde a changé et ils ont bien plus d’alternatives et de choix. À la PSP, nous travaillons à valoriser le rôle et le statut des policiers afin que la profession redevienne attractive pour les nouvelles générations. »

Source : Lusa

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