Les mesures gouvernementales sur le logement vivement critiquées par l’opposition

Les partis politiques portugais de l’opposition semblent avoir trouvé un terrain d’entente : aucun ne soutient les dernières mesures annoncées par le gouvernement pour tenter de répondre à la crise du logement, et beaucoup considèrent que les sociaux-démocrates vivent dans une « réalité parallèle ».

Dimanche, André Ventura, le leader du parti de droite radicale CHEGA, a accusé le Premier ministre – qui avait présenté ces mesures jeudi dernier – d’être « déconnecté de la réalité ». « C’est un Premier ministre de plus en plus éloigné des réalités des jeunes, des loyers, de l’immigration et du pays en général », a-t-il déclaré lors d’un des nombreux événements de pré-campagne organisés à travers le pays en vue des élections municipales du 12 octobre.

À l’image d’une habitante excédée de São João de Madeira, Ventura s’est dit stupéfait qu’un loyer de 2 300 € par mois puisse être considéré comme modéré dans un pays où le revenu moyen ne dépasse guère 1 800 € mensuels.

Alors que le PS, le PAN et le PCP remettaient également en question ces mesures, la réaction enthousiaste du secteur de la construction et de l’immobilier n’a rien fait pour apaiser les critiques. Pour beaucoup, ce soutien est le signe que les nouvelles dispositions profiteront surtout à ceux qui peuvent en tirer des bénéfices financiers, ce qui, selon eux, est précisément la raison pour laquelle la situation du logement est devenue si critique.

Le gouvernement, de son côté, a surtout dénoncé une campagne de désinformation. Hugo Soares, secrétaire général du PSD, a accusé le PS de « semer la confusion ». Lors d’un meeting à Lamego, il a qualifié le plan logement du gouvernement de « véritable bazooka fiscal », en soulignant que les baisses d’impôts destinées à la construction concernaient les loyers « jusqu’à » 2 300 €.

Il a insisté à plusieurs reprises sur le mot « jusqu’à » : « Il y a des gens qui ne comprennent toujours pas le A, le T et le É de até 2 300 €. Que signifie cela ? Cela signifie que pour des loyers allant de 400 € à 2 300 €, tous ceux qui possèdent et mettent sur le marché des logements dans cette fourchette bénéficieront de cet avantage fiscal. »

Selon lui, « le pays politique » et en particulier le leader du PS, José Luís Carneiro, ont délibérément focalisé le débat sur la somme de 2 300 € afin de « créer la confusion » auprès de l’opinion publique. « Je crois que le Parti socialiste a réellement cherché à faire croire que le gouvernement jugeait 2 300 € comme un loyer modéré et que nous pensions que c’était un prix normal », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agissait d’« une insulte de ne pas comprendre que la classe moyenne a besoin d’aide ».

Pour Hugo Soares, « c’est une insulte de ne pas comprendre que les Portugais – les médecins, les cadres supérieurs et les enseignants – ont besoin d’un logement, tout comme les habitants de Baião, de Lamego, de Porto, d’Amadora, de Lisbonne ou de Sintra ». Cette argumentation a cependant paru peu convaincante, puisque ces mêmes professions dénoncent régulièrement le niveau insuffisant de leurs salaires et qu’il semble donc improbable qu’elles puissent accepter de payer un tel loyer mensuel dans des villes comme Lisbonne, Porto ou en Algarve, où les prix sont les plus élevés.

La colère de Hugo Soares s’est également étendue à d’autres sujets, lorsqu’il a accusé CHEGA de présenter de « faux candidats » aux élections municipales. Il a ensuite précisé qu’il ne mettait pas en cause l’authenticité des personnes elles-mêmes, mais le fait que certaines ne vivaient pas dans les circonscriptions où elles se présentaient et, dans certains cas, ne connaissaient même pas ces territoires.

Dans l’ensemble, le gouvernement semble avoir été pris de court par l’ampleur de l’opposition suscitée par ses dernières mesures en matière de logement, des mesures qui devront obtenir le soutien des partis adverses pour être adoptées.

Source : LUSA

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