Le Premier ministre portugais Luís Montenegro a essuyé de vives critiques samedi lors d’un déplacement à São João da Madeira (district d’Aveiro), à l’occasion d’un événement de pré-campagne pour les élections municipales du 12 octobre.
Dans cette ville considérée comme un bastion socialiste, l’accueil réservé au chef du gouvernement a été houleux. Une grand-mère en colère l’a interpellé devant les caméras pour dénoncer l’absence d’aides aux personnes âgées et le concept de « loyer modéré » défendu par l’exécutif, qui peut atteindre jusqu’à 2 300 € par mois.
Elle a raconté avoir dû vendre sa maison et s’installer chez ses petits-enfants, incapable de payer un loyer de 520 € mensuels, faute de soutien public. La réponse du Premier ministre — promettant des allégements fiscaux sur l’IRS pour les locataires — n’a visiblement pas convaincu.
La manifestante a ensuite fustigé la situation du service public de santé (SNS), déjà pointée par les médias et qui fragilise le ministre de la Santé. Le président Marcelo Rebelo de Sousa a lui-même reconnu la gravité de la crise, tout en reportant ses commentaires officiels après les municipales.
Une campagne dominée par le logement et la santé
Partout au Portugal, les partis organisent ce week-end des rassemblements de pré-campagne, le lancement officiel de la course municipale étant prévu mardi.
Malgré les récentes annonces gouvernementales sur le logement, le scepticisme domine. Les mesures de 2024, censées aider les jeunes à accéder à la propriété, ont surtout alimenté la hausse des prix immobiliers.
Hier à Vila Nova de Gaia (Porto), le dirigeant socialiste José Luís Carneiro a averti que le nouveau dispositif de « loyers modérés », pouvant aller jusqu’à 2 300 €, risque de faire flamber les loyers et d’étouffer les familles de la classe moyenne et les jeunes actifs.
« Le gouvernement se trompe en agissant seulement sur la demande. Sans augmenter l’offre de logements, on continuera d’alimenter la hausse des prix, avec des effets explosifs dans les grandes villes », a-t-il déclaré.
Carneiro a également rappelé que le Portugal est l’un des pays de l’OCDE où le coût du logement a le plus augmenté au 2ᵉ trimestre 2025, de plus de 17 %, et reproché à l’exécutif de “ne pas connaître le pays réel”.
Crise sanitaire et défiance citoyenne
La santé publique reste un sujet brûlant à l’approche du scrutin. Aux longues listes d’attente et à la fermeture de maternités s’ajoutent désormais des témoignages choquants : patients livrés à eux-mêmes, erreurs de diagnostic, voire des médecins distraits par des matchs de football sur leur téléphone. De plus en plus de patients se tournent vers le secteur privé.
Dans ce climat tendu, la proposition du Parlement d’accueillir des enfants blessés de Gaza accompagnés de leurs familles a suscité des réactions outrées sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes dénonçant l’incapacité du SNS à répondre d’abord aux besoins des Portugais.
À deux semaines des municipales, l’exécutif social-démocrate apparaît en décalage avec les préoccupations quotidiennes des électeurs, malgré ses ambitions affichées d’un pays « connecté et tourné vers l’avenir ».
Source material: LUSA/ Correio da Manhã/ CNN/ Facebook
Le poste Le PM obtient un tour brut alors que les municipalités commencent la «course électorale» jusqu’au 12 octobre est apparu en premier sur Résident du Portugal.




