L’ambassadeur d’Israël au Portugal juge la reconnaissance de la Palestine « triste »

L’annonce officielle de la reconnaissance de l’État de Palestine par le Portugal, dimanche, à la veille de l’ouverture de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York, continue de susciter des réactions vives.

Israël et les États-Unis ont exprimé leur mécontentement, tandis que plus de 80 % des membres de l’ONU reconnaissent désormais l’État palestinien. Parmi les derniers pays à rejoindre ce mouvement figurent notamment la France, le Royaume-Uni, le Canada, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Andorre, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Au Portugal, la décision bénéficie même du soutien de l’Association juive portugaise, qui y voit une étape vers de possibles sanctions européennes contre Israël. Pour de nombreux diplomates et analystes, la reconnaissance reste un geste essentiellement symbolique, mais susceptible de pousser Israël à revenir à la table des négociations.

Côté israélien, la colère est palpable. La vice-ministre des Affaires étrangères, Sharren Haskel, a dénoncé un « cadeau fait au terrorisme » après « le pire massacre de Juifs depuis la Shoah », en référence aux attaques du 7 octobre 2023. Elle n’a cependant pas évoqué les milliers de victimes palestiniennes de Gaza.

À Lisbonne, l’ambassadeur d’Israël au Portugal, Oren Rozenblat, a réagi sur SIC Notícias, qualifiant la décision portugaise de « triste ». Il a affirmé que l’État hébreu « ne s’arrêtera pas tant que tous les otages ne seront pas libérés », évoquant 48 personnes encore détenues, dont des binationaux portugais naturalisés via l’amnistie séfarade.

« Nous avons besoin de l’aide de nos amis. Le Portugal est un ami d’Israël, avec une histoire particulière entre nos peuples », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de poursuivre la guerre contre le Hamas.

Du côté portugais, le ministre des Affaires étrangères Paulo Rangel a rappelé que cette décision reposait sur un consensus politique unanime au Parlement. Selon lui, reconnaître le droit à l’existence de la Palestine constitue « la seule voie vers une paix juste et durable ».

Le gouvernement portugais a réaffirmé dans le même temps « le droit à l’existence et à la sécurité effective de l’État d’Israël », ainsi que « l’amitié particulière entre les peuples portugais et israélien ». M. Rangel a condamné une nouvelle fois les attentats du 7 octobre, tout en appelant à la libération immédiate des otages et en réaffirmant la nécessité de lutter contre toutes les formes d’antisémitisme.

« La reconnaissance n’efface pas la catastrophe humanitaire en cours dans la bande de Gaza, mais elle peut constituer une étape vers un changement positif », a-t-il ajouté.

À Tel-Aviv, Sharren Haskel a assuré qu’Israël ne prendrait aucune mesure de rétorsion contre le Portugal, considéré comme un allié. Les relations avec la France, moteur de l’initiative cet été, sont en revanche jugées « tendues ».

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