
Le thon, lui aussi, semble avoir « inexplicablement » rejoint la spirale inflationniste
La période de chaleur extrême que traverse le Portugal, au-delà de l’horreur des incendies incessants, fait grimper les prix des produits de base comme les fruits et légumes – et, de façon étonnante, du thon en conserve.
Selon les données de l’INE (Institut national de la statistique) et de l’association de consommateurs DECO Proteste, les prix des fruits et légumes ont commencé à augmenter en juin (+4,7 %), puis encore en juillet (+6,1 %).
Comparés aux tarifs pratiqués à la même période l’an dernier, les fruits affichent une hausse de 10 %, et certains légumes grimpent jusqu’à +18 %, comme la tomate-cerise.
Du côté des distributeurs, l’APED (Association portugaise des entreprises de distribution) attribue cette inflation à la chaleur extrême, expliquant que « l’augmentation des températures a réduit la productivité des cultures ».
En revanche, aucun élément ne justifie la flambée des prix du thon en conserve – un incontournable dans la majorité des foyers portugais. Celui-ci enregistre depuis le début de l’année des hausses « expressives », avec +10 % supplémentaires entre le 30 juillet et le 6 août. Pourtant, l’ANICP (Association nationale des industries de conserve de poisson) affirme que les matières premières (huile et thon) sont restées stables. En clair, « rien ne justifie clairement cette hausse des prix en rayons » – sauf peut-être un accord tacite entre acteurs du secteur pour gonfler les prix durant l’été.
Interrogé par Público, le directeur général de l’APED, Gonçalo Lobo Xavier, souligne que les « phénomènes climatiques extrêmes » compromettent la production de fruits et légumes à l’échelle européenne depuis plusieurs années. Selon lui, « il est crucial d’investir dans la disponibilité en eau et la production locale, afin de réduire la dépendance aux importations et de garantir des prix plus accessibles ».
Or, malgré les pluies abondantes de l’hiver dernier, les cours d’eau et rivières sont déjà asséchés. À Arganil, où les avions bombardiers d’eau luttent sans relâche contre les flammes menaçant les populations, la chaîne SIC a rapporté cet après-midi que les pompiers ne pouvaient plus utiliser les sources naturelles voisines. Ils ont dû commencer à remplir leurs réservoirs… dans des piscines privées.
Source : ZAP (Público) / SIC
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