President Marcelo Image: TIAGO PETINGA/LUSA
Le président estime que le décret n’apporte aucune solution concrète à la crise du logement
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa reçoit ce mardi les représentants des partis CHEGA, LIVRE et du Parti communiste portugais (PCP) afin d’écouter leurs positions sur les récentes modifications de la loi sur les étrangers, un texte qui a provoqué une vive réaction des associations d’immigrés et des partis de gauche.
Marcelo recevra également Mariana Leitão, nouvelle dirigeante d’Iniciativa Liberal, succédant à Rui Rocha.
Les auditions auront lieu au Palais de Belém : CHEGA à 17h, suivi de LIVRE à 18h, d’Iniciativa Liberal à 19h, et du PCP à 20h15. Une rencontre avec le Bloco de Esquerda (BE) est prévue pour jeudi, bien que ce soit ce parti qui ait initialement sollicité une entrevue auprès du président dès l’annonce de cette réforme.
Les partis LIVRE, PCP et Bloco de Esquerda ont exprimé une opposition ferme aux modifications adoptées mercredi dernier, tandis que CHEGA presse le président de promulguer le décret sans délai.
Le nouveau régime prévoit notamment de limiter l’octroi de visas de travail aux emplois qualifiés, définis ultérieurement par décret, et de restreindre le regroupement familial aux enfants mineurs à charge.
Le texte a été adopté à l’Assemblée avec les voix favorables du Parti social-démocrate (PSD), de CHEGA et du Parti populaire (CDS-PP). Le Parti socialiste (PS), LIVRE, le PCP, le Bloco de Esquerda (BE), PAN et JPP ont voté contre. Iniciativa Liberal s’est abstenue. Le décret a été transmis à la présidence dès le lendemain.
Le jour du vote, la dirigeante du BE, Mariana Mortágua, a annoncé qu’elle ferait appel au président de la République « en dernier recours » pour vétoter le décret, dénonçant non seulement son contenu, mais aussi la rapidité de son adoption, sans consultation des conseils supérieurs de la magistrature ni des associations représentant les immigrés.
Peu après, Isabel Mendes Lopes, cheffe du groupe parlementaire de LIVRE, a lancé une initiative similaire pour demander à Marcelo Rebelo de Sousa de renvoyer le texte au Parlement pour un débat plus large.
Deux jours plus tard, André Ventura, leader de CHEGA, sollicitait à son tour une audience avec le chef de l’État, cette fois pour exiger la promulgation immédiate du texte, arguant qu’un refus du président ferait de lui un « obstacle au contrôle de l’immigration et à la sécurité nationale ».
Dimanche, le secrétaire général du PCP, Paulo Raimundo, a lui aussi demandé une audience plus large pour évoquer la situation générale du pays, qu’il a qualifiée de « fragile et précaire », citant notamment les fermetures des urgences hospitalières, tout en intégrant la question des modifications à la loi sur les étrangers.
La réforme du régime d’entrée et de séjour des étrangers a été consolidée dans un texte de remplacement présenté par la Commission des affaires constitutionnelles, des droits, libertés et garanties, à partir d’une proposition du gouvernement PSD/CDS-PP et d’un projet de loi déposé par CHEGA.
Concernant les citoyens issus des pays lusophones (CPLP) bénéficiant de l’accord de mobilité, le nouveau régime impose désormais l’obtention préalable d’un visa de résidence – alors qu’actuellement un visa de court séjour ou une simple entrée légale sur le territoire portugais suffit.
Conformément à la Constitution, le président dispose de 20 jours pour promulguer ou opposer son veto à un décret parlementaire. Il peut également demander un contrôle de constitutionnalité au Tribunal constitutionnel dans un délai de huit jours après réception du texte.
Ces huit jours arriveront à terme au moment où Marcelo rencontrera Mariana Mortágua.
Source : LUSA
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