Affaire des jeunes commandos : la Cour suprême suspend les peines de prison ferme

Commandos suspected of ‘culture of using steroids’

Neuf ans après la mort tragique de deux recrues, la justice portugaise rend son verdict final

Neuf ans après les faits, le douloureux parcours judiciaire des familles d’Hugo Abreu et Dylan da Silva touche enfin à sa fin. Ces deux jeunes recrues de 20 ans ont perdu la vie en septembre 2016, lors d’un exercice d’entraînement extrême des Commandos portugais, en pleine canicule à Alcochete. Cette semaine, la Cour suprême de justice (STJ) a suspendu les peines de prison ferme initialement prononcées à l’encontre du médecin militaire et d’un instructeur.

Miguel Domingues, médecin militaire reconnu coupable de deux crimes d’abus d’autorité avec atteinte à l’intégrité physique, a vu sa peine réduite à quatre ans et six mois de prison, entièrement suspendue pendant cinq ans. L’instructeur Ricardo Rodrigues, initialement condamné à cinq ans et trois mois, voit lui aussi sa peine commuée en quatre ans avec sursis, pour la même durée.

D’autres accusés, dont le directeur du cours Mário Maia ainsi que les instructeurs Hugo Pereira et Messias Carvalho, ont vu leurs peines suspendues confirmées. Le lieutenant Pedro Fernandes a également vu son appel rejeté, maintenant sa peine de quatre ans et trois mois avec sursis.

L’avocat des familles, Ricardo Sá Fernandes, s’est déclaré satisfait dans une note adressée à l’agence Lusa :

« Justice a été rendue. Après une première décision qui minimisait la gravité des fautes commises, la Cour d’appel de Lisbonne et désormais la Cour suprême ont rétabli l’honneur de la justice et de la mémoire d’Hugo Abreu et Dylan da Silva, en condamnant les principaux responsables. »

Il conclut en espérant que les Forces armées tireront les leçons de cette affaire, qualifiée dès le départ d’inacceptable, tant par la brutalité des faits que par la négligence manifeste des supérieurs.

Les deux jeunes soldats sont décédés à l’issue d’un test d’endurance extrême, surnommé « test zéro » – signifiant zéro eau, zéro pause – sous 42°C, sans ombre ni assistance. Plusieurs autres recrues avaient dû être hospitalisées pour des blessures graves.

L’enquête a révélé une culture militaire permissive, notamment autour de l’usage de stéroïdes chez certains encadrants, et une indifférence flagrante face aux risques pour la vie humaine.

Au total, 19 militaires avaient été mis en accusation pour abus d’autorité avec atteinte à l’intégrité physique, parmi lesquels huit officiers, huit sergents et trois soldats.

Source : LUSA

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