Le Portugal (et l’Europe) réagissent avec calme aux menaces tarifaires de Donald Trump

Pas de panique après l’annonce de droits de douane de 30 % sur les produits européens à partir du 1er août

Le Portugal a réagi avec sang-froid à l’annonce faite ce lundi par Donald Trump : le président américain a déclaré que les États-Unis imposeraient des droits de douane de 30 % sur les produits en provenance de l’Union européenne, dès le 1er août.

Une menace de plus à laquelle les pays européens semblent désormais s’habituer, comme l’a souligné le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, actuellement en déplacement à São Tomé.

« Le Portugal agit toujours en coordination avec l’Union européenne », a-t-il affirmé, tout en rappelant que les négociations restent en cours jusqu’à la date butoir, repoussée au 1er août au lieu du 9 juillet.

Cette annonce s’inscrit dans une série de déclarations musclées du président Trump sur sa plateforme Truth Social, où il a adressé une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, exposant la position américaine.

Dans sa lettre, Trump met en garde contre d’éventuelles représailles européennes :

« Si, pour une quelconque raison, vous décidez d’augmenter vos tarifs en réponse, alors le pourcentage choisi s’ajoutera aux 30 % que nous appliquons », a-t-il écrit.

Il justifie ces mesures par le besoin de corriger un déficit commercial jugé dangereux pour l’économie et la sécurité nationale américaines, causé selon lui par des politiques douanières et non douanières européennes injustes.

La réponse européenne, elle, reste mesurée mais ferme. Ursula von der Leyen a publié sur les réseaux sociaux :

« Des droits de douane de 30 % sur les exportations européennes nuiraient aux entreprises, aux consommateurs et aux patients des deux côtés de l’Atlantique. Nous continuons à travailler pour parvenir à un accord d’ici le 1er août. Mais nous sommes également prêts à défendre les intérêts de l’UE avec des contre-mesures proportionnées. »

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, également présent à São Tomé pour célébrer les 50 ans d’indépendance du pays, a jugé « surprenant » que cette déclaration intervienne en plein milieu de négociations, mais a salué la sérénité des autorités portugaises et européennes.

Plusieurs dirigeants européens ont exprimé leur soutien à la position de la Commission, ce qui semble avoir désamorcé en partie l’effet de choc que Donald Trump pouvait espérer.

Du côté des observateurs internationaux, le ton est plus ironique. La BBC rappelait récemment que la Maison-Blanche promettait “90 accords en 90 jours”, après avoir mis en pause une partie de sa politique tarifaire dite « réciproque ».

« En réalité, il n’y en aura même pas neuf », écrit la chaîne britannique, citant l’ABC australien selon qui seuls deux accords ont été signés, et un seul publié à ce jour.

Les marchés financiers, eux, évoquent le phénomène TACO : Trump Always Chickens Out (Trump finit toujours par reculer). Autrement dit, les menaces seraient avant tout des coups de communication dans un contexte électoral chargé.

Le quotidien portugais Correio da Manhã note toutefois que la menace d’augmenter encore les tarifs en cas de riposte européenne pourrait bien déclencher une guerre commerciale de grande ampleur, sans véritable gagnant à la clé.

Pour l’heure, le Portugal, à l’unisson avec Bruxelles, mise sur la négociation. « L’objectif reste de parvenir à un accord », a insisté Paulo Rangel, tout en reconnaissant que le climat politique autour de ces échanges reste incertain et potentiellement explosif à l’approche de l’élection présidentielle américaine.

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