Portugal : Le nettoyage des espaces boisés, une mesure urgente et controversée

nettoyage des espaces boisés

Le délai est court. Les propriétaires ont jusqu’au 15 mars pour défricher leurs jardins, avant la « saison des feux ». Une obligation du gouvernement – prise après les incendies meurtriers de l’an passé dans lesquels ont péri 109 personnes – jugée « impraticable » par les intéressés, « illégale » par un architecte paysagiste et « folle » par de nombreuses autres personnes citées dans le nouveau « guide de protection et de défrichement rural » de l’association Safe Communities Portugal.

A la mi-février, l’exécutif portugais a en effet décidé que les propriétaires d’espaces boisés devraient les défricher et couper tous les arbres dans un rayon de 50 mètres autour des maisons, des usines, des chantiers… En priorité les pins maritimes et les eucalyptus, très inflammables. Sinon, ces dernier s’exposeraient à des amendes de 280 à 10 000 euros pour une personne physique, et de 3 000 à 120 000 euros pour une personne morale.

« Cette décision politique, ce sont encore une fois les petites gens qui vont devoir la supporter comme un fardeau, alors que ceux qui sont responsables des plantations d’eucalyptus partout dans le pays, on ne leur demande rien », déclare un propriétaire au journal Algarve Resident.

Les municipalités, qui doivent participer financièrement à ce nettoyage forestier, se sont opposées frontalement à cette mesure gouvernementale. Faute de temps et de moyens. Les pompiers, de leur côté, ont annoncé qu’ils refusaient d’y participer. Finalement, mardi, le ministre de l’Agriculture, Luís Capoulas Santos, a demandé à chaque citoyen de « faire le maximum », même s’il a conscience que « le pays ne sera pas nettoyé d’un bout à l’autre ».

Début mars, la gendarmerie (Garde nationale républicaine – GNR) avait reçu près de 2300 appels de particuliers sur la ligne SOS Ambiante (808 200 520) concernant les arbres que le gouvernement leur demandait de couper sur leurs terrains.

Share this story

PinIt